L’histoire du SCMT

Première partie

Voici la première partie de la traduction d’un article sur l’histoire du SCMT paru en 2007 sur le site international du club. Cet article relate, à l’américaine, les débuts du club en 1977, son développement et ses succès les trente années suivantes. L’article original étant assez long, il sera découpé en deux ou trois parties. Et publié… en fonction des possibilités du traducteur…

Première partie de l’histoire du SCMT

Les prémisses

Sri Chinmoy et l'histoire du SCMT
Sri Chinmoy et l’histoire du SCMT

Le Sri Chinmoy Marathon Team est fondé à l’automne 1977 par des étudiants du philosophe Sri Chinmoy. L’enseignant est un champion décathlonien, sprinter et footballeur dans la communauté spirituelle où il a vécu pendant 20 ans, à Pondichéry en Inde.

Installé à New York en 1964, il commence à demander à ses élèves de mettre davantage l’accent sur leur forme physique. Notamment, il estime que la course à pied est un sport idéal pour améliorer la santé et le bien-être. Ainsi, beaucoup commencent à pratiquer l’athlétisme, en particulier la course de fond, la marche, le cyclisme et la natation.

En 1976, 33 membres du Centre Sri Chinmoy organisent et courent un relais continu, non-stop à travers les 50 états des États-Unis. Ils portent un flambeau et appelle ce relais le Relais Bicentenaire de la Torche de la Liberté. Sri Chinmoy souhaite ainsi que les coureurs diffusent un message de dynamisme et portent la flamme pour l’amour du pays.

Ils parcourent environ 14 000 km, de nombreux coureurs réalisant en moyenne 150 km par semaine. Bientôt, des membres d’autres pays effectuent des relais pour montrer que les personnes ayant une démarche spirituelle peuvent aussi être des membres engagés et responsables de leurs communautés.

Organiser des courses

Pionniers de l'ultra aux 24 heures de 1982 : Stu Mittleman, Sue Medaglia, Ted Corbitt et Cahit Yeter
Pionniers de l’ultra aux 24 heures de 1982 :
Stu Mittleman, Sue Medaglia, Ted Corbitt et Cahit Yeter

En tant que service à la communauté des coureurs, le SCMT est formé pour organiser des courses de différentes distances. En effet, Sri Chinmoy pense que tenir des courses pour le public serait un moyen de faire de la compétition amicale. Ainsi, il encourage ses étudiants à s’entraîner quotidiennement et à concourir aussi souvent que possible.

Le 2 octobre 1977, la première course de dix miles (16 km) a lieu à Greenwich, Connecticut. Pour rendre cette course particulière, Sri Chinmoy fait proposer de l’eau et des rafraîchissements à chaque mile. De même, sont donnés les temps intermédiaires et un soutien chaleureux et enthousiaste tout au long du parcours.

Quelques semaines plus tard, une soixantaine de membres du SCMT participent au marathon de New York, traversant les cinq quartiers de la ville. Commence ainsi une tradition qui se poursuit encore aujourd’hui. Sri Chinmoy commence lui-même à s’entraîner pour les longues distances. Il court tous les jours et participe à toutes les courses locales. Son enthousiasme est contagieux.

L’équipe commence à chercher des parcours dans les parcs et dans les rues de New York. La recherche de tronçons de route les plus pentus pour un entraînement de résistance important est même entrepris. Une carte géante avec le kilométrage hebdomadaire de chacun est érigée sur le mur de la salle de réunion. Beaucoup d’inspiration est partagée en voyant les totaux quotidiens et hebdomadaires, à la vue de tous. Sri Chinmoy s’entraine également pour les marathons. Il obtient finalement son record de 3:55:07 au Heartwatchers Marathon près de Toledo, Ohio, le 25 mars 1979, à l’âge de 47 ans.

Le SCMT organise également une série de conférences mensuelles mettant en vedette des coureurs locaux et nationaux célèbres. Ils parlent de leurs courses et encouragent à la pratique. Parmi les athlètes illustres figurent Ted Corbitt, Joe Kleinerman, Nina Cusick, Tom Fleming, Cahit Yeter, Craig Virgin, Bob Beamon, Calvin Smith et Carl Lewis.

Le premier ultra

Semi-marathon à Flushing Meadow en 1980
Semi-marathon à Flushing Meadow en 1980

En août 1978, Sri Chinmoy suggère une course de 47 miles (75 km) pour son 47e anniversaire. Le club organise à la hâte une course avec l’aide et les conseils de Ted Corbitt, le coureur légendaire et père de l’ultra aux États-Unis. Cinquante-six sur 57 partants terminent la course. L’intérêt pour les ultra-marathons est en train de prendre forme. Cette course particulière fournit un tremplin pour des excursions dans des événements plus longs et plus exigeants.

Les talents commencent à émerger aussi dans le groupe. Le temps de Virendra Gauthier, cinq heures et neuf minutes, représente toujours la meilleure performance chez les hommes. Tandis que Dipali Cunningham est à la tête du classement féminin en un peu plus de six heures. Sri Chinmoy participe aussi plusieurs fois et termine en 1979 dans la limite des 13 heures.

Comme le nombre de concurrents commence à croître, le nombre de courses également. 1979 voit le premier marathon et semi-marathon au parc de Flushing Meadow, ainsi que des courses plus courtes et même des triathlons. En 1980, est organisée la première course de 24 heures à Greenwich, Connecticut. Dans cette course, Marcy Schwam, la pionnière Américaine de l’ultra, établit trois records mondiaux féminins sur 50 miles, 100 km et 100 miles. L’année suivante, dans la même course, Cahit Yeter établit un record nord-américain de 250 km. Et Sue Medaglia établit un record du monde féminin de plus de 200 km.

Devenir global

Course à Melbourne, Australie
Course à Melbourne, Australie

Des branches du SCMT sont formés dans 20 pays et se sont étendues de nos jours à près d’une centaine dans le monde. Aujourd’hui, le Sri Chinmoy Triathlon d’Australie est devenu le championnat national d’ultra, ainsi que la course sur route de 100 km.

Les courses de 24 heures en Europe sont très respectées, en particulier en Angleterre, en Allemagne et en Suisse. En 1993, à Bâle, en Suisse, quelque 120 coureurs de 15 pays y ont pris part. Le président de l’Association internationale des ultrarunners (IAU), Malcolm Campbell, l’a qualifié de « meilleur événement de 24 heures jamais organisé ».

La pierre angulaire de la philosophie de Sri Chinmoy est l’expression de la transcendance de soi. C’est dépasser les limites personnelles et atteindre de nouveaux niveaux de perfection intérieure et extérieure. Cette vision du coureur complet est également pratiquée par ses étudiants. Beaucoup d’entre eux découvrent des talents qu’ils ne soupçonnaient pas. Certains commencent à s’entraîner pour des marathons et des ultra-marathons, d’autres à la nage sur de longues distances.

Alors que l’enthousiasme pour la course à pied commence à grandir, Sri Chinmoy considère que les qualités de ses courses doivent être conservées. Ainsi, le SCMT commence à organiser des événements sur des boucles d’un mile ou deux kilomètres. Les parcours sont plats afin que les coureurs puissent réaliser les meilleures performances.

De même, de l’eau et des boissons rafraîchissantes doivent être toujours disponibles, ainsi qu’un comptage précis et un soutien enthousiaste. Le nombre des courses augmente, avec des événements hebdomadaires de deux miles et des sprints pour les enfants et les personnes âgées. Des courses beaucoup plus longues – 70 miles, 100 miles, 24 heures et 5 jours voient le jour.

Deuxième partie de l’histoire du SCMT

Records du monde

Sri Chinmoy et Yiannis Kouros
Sri Chinmoy et Yiannis Kouros

En 1984, la légende Grecque Yiannis Kouros participe à la course de six jours des Road Runners de New York. Au cours de l’épreuve, il établit de nouvelles normes sur 48 heures et bat le record des 100 dernières années en parcourant 1022 km. Quelques mois plus tard, Yiannis revient à New York pour courir la course de 24 heures du SCMT. Et c’est un nouveau record sur route des 100 miles en 11 heures et 46 minutes. De plus, il brise le record absolu des 24 heures de 11 km avec 285 km.

Un an plus tard dans la même course, mais en courant malgré les vents violents de l’ouragan Gloria, Yiannis bat son propre record avec 286,5 km. Lors de la course des 24 heures Sri Chinmoy sur piste d’Adelaide en 1997, Yiannis Kouros établit le nouveau record du monde, probablement imbattable, de 303,5 km.

En 1985, la première course de 1000 miles du SCMT à Flushing Meadow voit le jour. C’est la première du genre dans cette hémisphère au cours de ce siècle. Ainsi, trois coureurs complètent la distance dans les délais autorisés, le pionnier Californien de la distance, Don Choi, étant en tête du groupe.

Le club commence également à organiser des marathons mensuels à Flushing Meadow. Il développe aussi une relation spéciale et unique avec le Road Runners Club de New York, le plus grand club et organisation de courses aux États-Unis. Le SCMT aide souvent en effectuant le comptage de leur championnat national du 100 miles, ainsi que leur 6 jours.

Le Marathon Team participe également à chaque marathon de New York avec ses coureurs. De plus, le club offre un soutien dans son organisation et fournit des postes d’aide le long du parcours. Le SCMT participe aussi au nettoyage de Central Park après la course.

Masters Games

Sri Chinmoy lance le poids
Sri Chinmoy lance le poids

Sri Chinmoy commence l’haltérophilie en 1985. Puis, il progresse rapidement avec d’énormes poids à l’aide d’un système spécial permettant de lever avec un seul bras. Il ajoute également des exploits inhabituels de soulevés. Sa blessure chronique au genou l’empêche de courir sur de longues distances. Mais il n’a pas mis fin à son énergie sans limite pour exceller dans n’importe quel sport.

A partir de 1985, le SCMT propose des épreuves d’athlétisme aux athlètes de plus de 40 ans, lors de Masters annuels. Plusieurs anciens champions régionaux et nationaux, et même quelques anciens olympiens, comprenant la légende du disque Al Oerter, participent à ces Masters Games.

Des événements similaires sont maintenant organisés sur la côte ouest des États-Unis et en Europe. Sri Chinmoy participe lui-même à des sprints et des lancers, ainsi que de l’haltérophilie. D’ailleurs, en 1991, il surpasse ses meilleurs temps dans ce pays pour les 100, 200 et 400 mètres, réalisés à Porto Rico en 1984.

Courir pour la paix

En 1987, une nouvelle aventure de course à pied voit le jour : la Sri Chinmoy Oneness-Home Peace Run. Cette course est un relais qui traverse 55 pays dans le monde, portant un flambeau symbolisant la paix. Le public est invité à participer et les officiels locaux et nationaux adhèrent à l’événement. Ainsi, plus de 250 000 personnes courent avec cette flamme et prennent part à des cérémonies qui désigne la paix comme objectif primordial pour l’harmonie mondiale – une personne à la fois, un pas à la fois.

La Première Dame Graça, Sri Chinmoy et Nelson Mandela tiennent ensemble le flambeau de la paix
La Première Dame Graça, Sri Chinmoy et Nelson Mandela tiennent ensemble le flambeau de la paix

La Peace Run est désormais un événement biennal qui attire des millions de participants dans plus de 70 pays. L’événement américain traverse les 50 États, avec des milliers de coureurs qui s’y joignent. Des politiciens, des monarques, des chefs d’État, des célébrités et des gens de toutes les couches sociales participent et tiennent à tour de rôle le flambeau.

Pendant ce temps, les élèves de Sri Chinmoy commencent à exceller dans la course et la natation. A ce jour (2017), environ 30 de ses étudiants ont réalisé plus de 45 traversées de la Manche. D’autres détiennent ou ont détenu des records de distance en course dans divers pays, y compris les États-Unis, l’Allemagne, la Suisse, le Canada, la Hongrie et le Japon. D’autres encore ont récemment entrepris l’alpinisme comme un moyen de tester leurs limites.

Championnats du monde d’ultras

Le SCMT organise les championnats nationaux et mondiaux en 1988 et 1989 à Flushing Meadow. Ainsi, l’événement des 1000 miles en 1988 est le championnat du monde IAU (Association Internationale des Ultrarunners). Yiannis Kouros court les 1000 miles en 10 jours et 10 heures, battant le record précédent de 1 jour et demi. L’Américaine Suprabha Beckjord remporte la course des 700 miles, établissant un record américain. Sandra Barwick, de Nouvelle-Zélande, réalise un nouveau record mondial des 1000 miles en 14 jours et 20 heures.

Aux 24 heures Sri Chinmoy de 1989, l’Américain Rae Clark établit un nouveau record des 100 miles pour le pays. Ann Trason fait de même pour les dames, remportant le championnat national et établissant le record mondial. La même année, Suprabha Beckjord bat le record du monde des 1000 miles de Sandra Barwick de seulement 27 minutes.

Toujours plus loin

En 1987, Sri Chinmoy accroît sa vision du monde de la course. En effet, il ressent qu’une course plus longue, de 1300 miles (2092 km), inspirerait un défi pour les coureurs d’ultra-marathons. L’Ultra Trio est né – un ensemble de trois ultras de 700, 1000 et 1300 miles. Les spécialistes de l’ultra de classe mondiale commencent à essayer ces distances de plus en plus longues. Cette course unique est toujours disputée chaque automne.

Al Howie termine le 1300 miles (2092 km)
Al Howie termine le 1300 miles (2092 km)

Ainsi en 1989, Al Howie, devient la première personne à franchir la distance de 1300 miles dans une course certifiée, en 17 jours et 9 heures. En 1991, l’Ultra Trio compte plus de 60 coureurs pour les trois courses, ce qui est inouï étant donné les grandes distances à parcourir. Al Howie revient pour améliorer son propre record de 13 heures. Et Sandra Barwick devient la première femme à courir 1300 miles dans une course certifiée. De plus, elle pulvérise le record des 1000 miles de deux jours.

En 1993, le Hongrois Istvan Sipos bat le record d’Al Howie de près de deux heures. Deux ans plus tard, le Letton Georgs Jermolajevs améliore le record mondial des 1300 miles en 16 jours et 14 heures. En 2000, Rimas Jakelaitis, originaire de Lituanie, établit un nouveau record du monde des 1300 miles. Il accomplit la distance en 16 jours et 28 minutes lors d’une performance remarquable au parc de Wards Island. Ce record tient toujours en 2017.

L’année suivante, Paula Mairer réécrit le record féminin des 1300 miles en 17 jours et 21 heures. Elle brise ainsi le record de Sandra Barwick vieux de dix ans, record toujours valable en 2017. À l’automne 2002 dans les 700 miles de l’Ultra Trio, Mairer bat deux records mondiaux, des 1000 km et 700 miles, deux marques établies en 1991, également par Barwick.

Les 6 et 10 jours

En 1996, le SCMT passe la course de 7 à 10 jours. Georgs Jermolajevs gagne par une mince avance sur l’Australienne Dipali Cunningham, 1166 km à 1164.

En 2001, les 6 et 10 jours rassemblent 59 participants. Cunningham revient pour battre le record féminin des 6 jours avec 820 km. Ted Corbitt, pionnier de l’ultra de 82 ans, stupéfie le monde en parcourant 488 km, un record mondial pour sa catégorie. Rimas Jakelaitis réalise un nouveau record sur les 10 jours avec 1450 km, toujours actuel en 2017. En 2009, Cunningham réalise 825,6 km sur les 6 jours, record toujours en vigueur en 2017.

Les 2700 miles

Jayasalini, du SCMT, termine le 3100 miles un jour avant la limite des 52 jours
Jayasalini, du SCMT, termine le 3100 miles un jour avant la limite des 52 jours

En 1996, le SCMT passe la course de 7 à 10 jours. Georgs Jermolajevs gagne par une mince avance sur l’Australienne Dipali Cunningham, 725 miles à 723. Un événement plus étonnant a lieu à l’été 1996. Six coureurs courent sur un parcours plat autour d’un parc et d’une école dans un quartier du Queens, à New York.

Ainsi, la course la plus longue du monde de 2700 miles (4345 km) dure 47 jours. Cinq coureurs remarquables sur six finissent la course. Georgs Jermolajevs domine encore, établissant de nouvelles marques mondiales pour 3000 km et 4000 km, ainsi que pour 2700 miles en 40 jours et 11 heures. Suprabha Beckjord termine première en 43 jours et une heure.

La plus longue course du monde

En 1997, Sri Chinmoy augmente la plus longue course certifiée au monde à 3 100 miles (4989 km). Il espère ainsi que les coureurs transcenderont à nouveau leurs capacités et inspireront le monde de la course. L’Américain Edward Kelley gagne la course en 47 jours et 15 heures. Il parcourt même 7 miles supplémentaires pour atteindre la barrière magique de 5000 km. Beckjord suit Kelley deux jours plus tard et devient la première femme à courir cette distance.

En 1998, Istvan Sipos bat le record des 3100 en 46 jours et 17 heures. En 2001, Beckjord continue à étonner avec sa cinquième victoire consécutive dans les 3100 miles. L’année suivante, Wolfgang Schwerk pulvérise le record de 4 jours des 3100 miles en 42 jours et 13 heures. Pendant la course, Schwerk brise 74 records de miles, kilomètres et jours.

Les derniers records sont détenus par le Finlandais Ashprihanal Aalto et la Slovaque Kaneenika Janakova. En 2015, Aalto parcourt la distance en 40 jours et 9 heures. En 2017, Janakova termine en 48 jours et 14 heures.

Conclusion

Sri Chinmoy termine un 47 miles (75 km)
Sri Chinmoy termine un 47 miles (75 km)

Les horizons du monde de la course s’élargissent toujours selon la vision de Sri Chinmoy : courir et devenir. Courir pour réussir dans le monde extérieur. Devenir pour avancer dans le monde intérieur. Alors que nous essayons de manifester le rêve de Sri Chinmoy pour le progrès continu de l’humanité, nous offrons nos meilleurs vœux à tous les aspirants coureurs qui partagent le rêve d’aller où peu sont allés. Le défi et la joie de transcender est le plus grand cadeau et la meilleure opportunité pour la vraie satisfaction dans la vie humaine. Notre unité avec leurs efforts est notre vraie joie.

Le Sri Chinmoy Marathon Team, 2007.

Voilà qui termine l’histoire du SCMT, enfin jusqu’à la prochaine fois…

Une réflexion au sujet de « L’histoire du SCMT »

  • 14 décembre 2017 à 13 h 53 min
    Permalink

    Le record de Virendra a été battu récemment.

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